Dimanche 12 septembre 2010 7 12 /09 /Sep /2010 17:21

Il y a moins de quatre mois, la rencontre entre le Toulouse Football Club et l'ASSE aurait été une affiche de mal classé entre un club du ventre mou du classement, et l'autre luttant jusqu'au bout pour le maintien. Mais aujourd'hui, après un mois de compétition, la donne a totalement évolué. Le TFC, solide leader de Ligue 1 ne connait pour le moment que le savoureux goût de la victoire, tandis que Saint Etienne réjouit enfin ses supporters après deux saisons désastreuses. Mais en plus des résultats plus que satisfaisants que les deux équipes enchainent depuis le début la saison, c'est bel et bien le niveau de jeu des deux formations qui séduit et réjouit bon nombre de supporters. Le TFC d'Alain Casanova, réputé l'an dernier comme une équipe bien trop défensive peut compter sur un milieu de terrain très porté vers l'avant qui a su allier technique, rapidité et puissance, permettant à cette formation toulousaine d'être aujourd'hui la meilleure attaque du championnat avec déjà huit réalisations. Les protégés de Christophe Galtier ne sont également pas exempts de compliments. Ils ont su concilier avec beaucoup d'intelligence, de jeunes pousses avec de vieux briscards de ligue 1 pour les accompagner comme l'avait fait l'an dernier le Montpellier Hérault, avec la réussite qui en a suivi. Après deux défaites en deux ans au Stadium, les Verts avaient à cœur de faire tomber les toulousains. Pour ce déplacement au bord de la Garonne, Christophe Galtier, l'entraineur stéphanois, devait se passer de trois titulaires entre les suspensions des précieux Marchal et Perrin et la blessure au mollet de Bergessio. Mais pour faire tomber le leader, l'ancien adjoint de Alain Perrin pouvait compter sur un Dimitri Payet en pleine forme, et meilleur buteur du championnat. Côté toulousain, Alain Casanova pouvait se réjouir du retour sur la feuille de match de son international Moussa Sissoko et des présences des nouvelles recrues Tafer et Santander. Sous une chaleur assez importante et un Stadium baigné par le soleil toulousain, le début de match était plutôt timide de la part des deux formations. Les deux blocs restaient très méfiants et ne s'aventuraient que très peu dans les contrées adverses. Avec un Braaten, un peu perdu en pointe, les toulousains peinaient à s'approcher des cages gardées par Jérémie Janot. Le Téfécé dut également se réorganiser après la blessure musculaire du défenseur Cheick M'Bengue sorti sur civière (12ème). Il fallut attendre la 20ème minute pour que le norvégien arma une frappe contrée par la défense ligérienne. Mais la première véritable occasion est à mettre au profit des verts sur une frappe trop enlevée de Payet après une approximation de Congré (24ème). Ce n'est que quelques instants après la demi heure de jeu et une pause « boisson », que les stéphanois, plus conquérants dans cette première période ouvrirent le score sur un centre millimétré de Albin Ebondo repris victorieusement de la tête par un Batlles, étonnement seul aux 6 mètres (34ème). Ironie du sort : ce sont deux anciens toulousains qui sont à l'origine et à la conclusion du but. Il eut tout de même le mérite de réveiller les hommes d'Alain Casanova qui passèrent à côté de l'égalisation sur une reprise de Didot juste avant la mi temps (44ème). Et si certains se demandent si le coach toulousain a bien remotivé ses troupes dans le vestiaire, il suffit de regarder l'entame de seconde période. Sur le coup d'envoi, Moussa Sissoko passa à quelques centimètres de faire chavirer le Stadium sur une reprise de volée d'une grande pureté (46ème). Les toulousains n'avaient qu'une idée en tête : revenir au score et préserver leur invincibilité. Capoue sonna la révolte sur une incursion dans la surface stéphanoise dégagée en catastrophe par Bayal (51ème). Les toulousains avaient laissé passer leur chance et virent les verts revenir dans la partie. Le jeune prodige martiniquais Rivière vit son but refusé pour hors jeu sur une remise de la tête de Monsoreau (53ème). Les Verts géraient alors tranquillement le match en procédant en contre sans se faire trop inquiéter par des toulousains en net manque d'inspiration ce soir jusqu'à la 72ème minute et ce missile des trente mètres de Machado qui frappa de plein fouet la transversale. A partir de là, le match devenait très particulier. Les deux équipes se rendaient coup pour coup et la nervosité devenait palpable. Les deux milieux de terrain étaient déchirés comme le cahier que Christophe Galtier avait lancé avec colère. Sissoko et Capoue ratèrent encore une fois l'égalisation de quelques centimètres tandis que Rivière, omniprésent ce soir ,faillit clouer le match plus d'une fois sur contre attaque. Le dernier coup franc du Téfécé ne donna rien , les stéphanois pouvaient laisser éclater leur joie. Ils avaient battu un TFC moins séduisants et moins solides que lors de ces dernières sorties mais qui reste leader avant de se déplacer sur le Rocher. Avant de rencontrer Montpellier, Lyon et Marseille, les stéphanois montent sur le podium en remportant leur troisième victoire de la saison. Ce n'est peut être pas le Saint Etienne de la belle époque mais une chose semble se dessiner : le vert redevient la couleur de l'espoir...

Par Bérenger Tournier
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Vendredi 10 septembre 2010 5 10 /09 /Sep /2010 15:30

 C'était il y a quelques semaines déjà. L'Équipe de France était tombée dans les profondeurs du football mondial, dans les abysses de cette Coupe du Monde 2010. Le coupable était vite trouvé : tout d'abord, Raymond Domenech, puis Jean Pierre Escalettes en passant par la FFF toute entière. Avec l'élimination de la France dès le premier tour de la Coupe du monde et des défaites face à des adversaires plus que moyen, l'ère Domenech semblait terminée. Quelques mois auparavant, la FFF avait même eu l'idée d'annoncer le nom de son remplaçant bien avant le début de la plus grande compétition mondiale. Ce nom que tous les amateurs de football connaisse : Laurent Blanc, un des plus grands joueurs qui ait porté le maillot tricolore. Avec cette arrivée, l'espoir était revenu, la sérénité semblait réapparaitre. Le coq " bleu-blanc-rouge " pourrait de nouveau faire peur. C'est ce que l'on pensait. Les espoirs étaient pourtant légitimes, une nouvelle équipe, un nouveau sélectionneur, un nouveau conseil fédéral... Mais le chantier était peut être trop lourd, trop conséquent pour que ces changements permettent à l'Équipe de France et au football français tout entier de retrouver une certaine légitimité.

Le premier match des Bleus sous l'ère Blanc est la parfaite illustration de cette incertitude. Chaque observateur a pu voir de bonnes choses lors de cette rencontre, de l'envie, de l'engagement mais également des carences graves au niveau international. Ce que nous retiendrons de ce match, ce sont les choses positives et pas la défaite face à une équipe de nouveau assez moyenne. Mais cet élan positif fut très vite balayé par la piètre performance des Bleus pour leur premier match de qualification à l'Euro 2012. Après la Chine, l'Afrique du Sud et bien d'autres, l'Équipe de France a perdu contre la Biélorussie au Stade de France. Au football, la volonté ne suffit pas, les Bleus l'ont appris à leurs dépens. Certes, ils ont montré de l'envie mais ont également affiché un nombre incalculable d'erreurs et de lacunes. Au coup de sifflet final, le regard de Laurent Blanc et de sa troupe en disait long, très long. Une question était dans toutes les têtes : Allons nous y arriver un jour ? ... Même Laurent Blanc était perplexe et déclara que la reconstruction " peut prendre des mois ou [...] même ne jamais arriver." Ces mots résonnèrent comme un aveu d'impuissance, de souffrance pour cet homme qui était fier de porter le maillot bleu.

Il peut compter pour redorer le blason « bleu-blanc-rouge » sur de bons joueurs, une bonne génération, le soutien du public... mais doit également se confronter à la jeunesse et à l'inexpérience de son groupe. Rappelons nous de la Coupe du Monde 2006, l'Équipe de France doit une grande partie de sa réussite à des éléments comme Zidane, Thuram... des cadres qui savent gérer un groupe, qui savent parler quand il le faut, qui ont l'expérience des grands rendez vous. Mais aujourd'hui, on ne compte dans cette équipe pas ou trop peu de cadres. On peut alors se demander si la FFF a eu raison de prendre des sanctions à l'encontre de certains joueurs mis à part Nicolas Anelka qui avait commis une faute trop grave pour passer à coté d'une sanction exemplaire. Pourquoi la totalité du groupe d'Afrique du Sud n'a t'il pas été suspendu, quels ont été les critères de la FFF pour les niveaux des sanctions, pourquoi avoir suspendu les joueurs que sont Ribéry, Gallas, Toulalan qui font parti des plus capés du groupe. En prenant ces décisions, la fédération ne pénalise pas seulement les joueurs sanctionnés. Que représente pour eux le fait de rater un , trois ou cinq matchs dans leur carrière? Tout cela n'est qu'anecdotique. Mais, les véritables victimes, ceux qui payent ces décisions sont bel et bien les supporters qui voient des défaites qui pourraient être éviter avec des joueurs d'expériences, la FFF elle même qui souffre de ces défaites et qui voit son image peu à peu se dégrader, et bien sur Laurent Blanc qui accuse le coup des décisions de sa hiérarchie. Lui même regrette ses sanctions : "J'espérais trouver fin août une situation épurée et la page sud-africaine définitivement tournée après qu'a été prise, sur ma proposition, une sanction collective qui m'apparaissait à la fois nécessaire et suffisante".

Malgré la victoire contre la Bosnie et les signes encourageants qu'elle a pu apporté, le chemin pour redevenir une grande équipe est encore très long. Donnons toutes les chances à Laurent Blanc pour y parvenir et oublions la triste période que le football français a vécu. L'Équipe de France a besoin de bonheur, a besoin de refaire rêver son public comme un soir de juillet 1998, un soir de rêve, un soir de victoire...

Par Bérenger Tournier
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Dimanche 22 août 2010 7 22 /08 /Août /2010 01:02

Deux matchs, deux victoires, une place de leader… Le Toulouse Football Club pouvait difficilement espérer meilleur départ. Après la victoire au stade Chaban Delmas à Bordeaux dimanche dernier, le TFC aura envoyé un message très fort aux «  cadors » qui se noie dans le précipice du classement en ce début de saison. Mais entre blessures de cadres comme l’international français Moussa Sissoko qui souffre des adducteurs et la confirmation de la très longue indisponibilité de Xavier Pentecôte, le club de la ville rose aura connu une semaine plutôt agitée conclue hier par le départ de leur « star » André Pierre Gignac, à l’Olympique de Marseille.

L’AC Arles Avignon ne semblait pas non plus dans les meilleurs conditions avant d’affronter le leader de ligue 1. Une intersaison difficile avec le faux départ de Michel Estevan, les velléités de départ de joueurs comme Benjamin Psaume, une dernière place après deux défaites en autant de journées, le nouveau promu voit son avenir dans l’élite s’assombrir de plus en plus malgré un recrutement plutôt séduisant sur le papier et les arrivées de Angelos Charisteas et bien d’autres. Michel Estevan, l’entraineur arlésien, restait positif en conférence de presse cette semaine et déclarait que « l’équipe sera plus performante lorsque tout le monde aura travaillé ensemble ».

Alain Casanova aligna une équipe très équilibrée et sans surprise, alliant à la fois une assise défensive importante à l’image d’un Etienne Capoue en sentinelle devant la défense, et de joueurs résolument portés vers l’avant. Quant au 4-4-2 arlésien, il était composé de très nombreuses recrues estivales et notamment de la première apparition du nouvel arrivant Camel Meriem. Avec une moyenne d’âge très élevée, l’ACA peut compter sur des joueurs expérimentés mais également sur un manque d’automatismes flagrants. Cela s’est vérifié dès le début du match. Le ballon était confisqué par les toulousains dont la maitrise technique semblait supérieure. Dès la 4ème minute, les intentions toulousaines était clairement définies, une belle percée d’un Gunino très remuant sur son côté gauche fut reprise in extremis dans la zone de vérité arlésienne. La révolte de l’ACA fut très timide et seulement deux frappes captées sans soucis par Valverde ont fait légèrement trembler un Stadium bien rempli malgré la chaleur accablante. Celle ci semblait atteindre les organismes, les joueurs profitant des arrêts de jeu pour s’hydrater. Il fallut attendre la demi-heure de jeu pour voir la première grosse occasion du match avec cette reprise de Devaux passant de peu à côté sur un centre millimitré d’un Didot dans la continuté de son très bon début de saison. Dès lors le match devint nettement plus rythmé et les occasions bien plus nombreuses. Les arlésiens devinrent plus dangereux à l’image de Meriem et de Dja Djedje esseulé aux six mètres qui vit sa frappe trop molle facilement capté par Valverde (33ème). Mais c’est au plus fort de la période Arlésienne que Daniel Braaten, déjà deux buts cette saison, hérita d’un très bon ballon de Capoue pour s’en aller ouvrir le score d’une belle frappe dans le petit filet de Vincent Planté(36ème). Mais les joueurs de L’ACA avaient décidé de ne pas abdiquer. Portés par un Camel Meriem en jambes, Arles-Avignon se procura quelques occasions jusqu’à l’heure de jeu et le très joli but de Etienne Didot après une merveille de une deux avec Machado puis Braaten ponctuée d’une belle frappe sur la droite du portier arlésien. Le sort de la rencontre semblait scellé mais la réduction du score de Dja Djedje d’une tête plongeante sur un corner de Piocelle, très adroit sur coup de pied arrêté, ne se fit pas attendre et relanca un match que le Téfécé semblait pourtant maitrisé ( 63ème). Le dernier quart d’heure devenait fou, les toulousains auraient pu marquer à deux reprises sur corner (72ème, 73ème) avant que les arlésiens ne virent l’égalisation passer à quelques centimètres du montant gauche de Valverde (74ème). Avec un dernier sauvetage in-extremis de Tabanou (86ème), le TFC remporte sa troisième victoire en trois matchs, à l’inverse de l’ACA qui reste au font du classement en position de lanterne rouge.

Les deux équipes ont montré un beau visage, du rythme, malgré la chaleur écrasante. Même si le classement reste anecdotique après seulement trois journées, le TFC reste leader, et ce n’est peut être que le début…

Par Bérenger Tournier
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Lundi 5 juillet 2010 1 05 /07 /Juil /2010 15:49

Deux ans, deux longues années si ce n’est plus que le football français traverse une crise majeure. Après un Euro 2008 totalement ratée et une élimination au premier tour, l’Equipe de France a réitéré ses erreurs pendant la coupe du monde 2010. Il est désormais grand temps de changer, de modifier certaines institutions, de remplacer certaines personnes et de retrouver un amour propre qui semble peu à peu disparaitre au profit d’une indifférence la plus totale. On semble oublier les valeurs que l’on se doit de respecter, l’amour et le respect du maillot bleu …

Il est préférable parfois de tourner la page, d’oublier et de repartir de l’avant. Depuis la débâcle en Afrique du Sud, il ne devrait y avoir au sein du football français que des mots comme solidarité, changement, futur… Mais tout cela n’est qu’utopie. Cela fait maintenant deux semaines que l’Equipe de France est éliminée.  Mais au lieu de faire avancer les choses dans un sens positif, il n’y eu que des coups bas, que des conflits, que des éléments qui ne font que détruire une image déjà ternie du football français. Les conflits d’intérêt en sont parfois la cause, les vengeances également dans certains cas, mais pourquoi ces gens ne pensent ils pas un peu à leur  « passion », à l’amour du football. Depuis l’élimination des Bleus, nous assistons à des choses aberrantes, et personne ne semble réagir pour arrêter cette mascarade.  

Le 30 juin 2010, Raymond Domenech et Jean Pierre Escalettes ont été reçu à l’assemblée nationale par les députés pour une réunion à huit clos qui avait pour but de comprendre ce qu’il s’était passé en Afrique du Sud. Pascal Deguilhem, député de la Dordogne, dira lors de cette réunion : « Nous sommes consternés que notre commission des affaires culturelles et de l’éducation soit en train d’auditionner le président de la FFF et le sélectionneur de l’Equipe de France. A-t-on perdu le sens de la mesure ? Vous nous avez dit Monsieur Escalettes, vous sentir mal à l’aise. Nous aussi. » Les images que nous pourrons voir quelques heures plus tard sont marquantes. Le sélectionneur ainsi que le président de la FFF sont tous les deux assis, face aux députés, visiblement tristes et mal à l’aise. En visionnant ces images, n’importe quel observateur aura l’impression d’un procès, de deux coupables seuls face aux juges. Malgré les erreurs qu’ont pu commettre ces deux protagonistes, méritent-ils vraiment cela ? Est-il normal que l’on mélange la politique avec le sportif ?

Pascal Deguilhem poursuivra d’ailleurs lors de cette audition : « Est-il vraiment du rôle des politiques de vous entendre à cet instant, au retour d’une coupe du Monde peu glorieuse pour l’Equipe de France ? Après les Jeux Olympiques de Rome, où la France n’avait pas brillé, les responsables de l’époque n’avaient pas été auditionnés  mais le Général de Gaulle avait décidé d’impulser un renouveau sportif en France, en renforçant tous les niveaux de préparation. » Mais cette audition n’est pas le seul exemple que l’on peut donner sur ce phénomène nouveau. Avant la coupe du Monde, Rama Yade, secrétaire d’état au sport critiquera la gestion de la FFF dans le logement de l’Equipe de France. Le 24 juin 2010, deux jours après l’élimination des Bleus, Roselyne Bachelot, ministre des sports déclarera que la démission de Jean Pierre Escalettes est « inéluctable », Nicolas Sarkozy recevra Thierry Henry à l’Elysée dès son retour d’Afrique du Sud.  Cette obsession des personnalités politiques à se mêler des affaires sportives est elle légitime, ne dessert elle pas l’Equipe de France au lieu de la servir… ? La question mérite vraiment d’être posée.

Tourner la page, regarder vers l’avant, ces mots devraient revenir constamment. Le 2 juillet 2010, le conseil fédéral de la Fédération a eu lieu et devait engendrer un bouleversement au niveau de cette institution. Outre la démission de Jean Pierre Escalettes, celle du conseil fédéral tout entier était très attendue mais elle n’a pas eu lieu. Les membres de celui ci ont préféré reporter toutes les décisions à une date ultérieure. Pourquoi ont-ils préféré rester dans l’incertitude et ainsi retarder le processus de redressement ? Quelle que soit leur décision, ils auraient du prendre leurs responsabilités et démissionner ou bien rester, mais la seule chose qu’ils aient fait c’est rester dans l’inconnu et rendre impossible la possibilité d’avancer et de progresser dans la logique d’améliorer les choses.

Cette logique malsaine semble également être partagée par certaines personnalités footballistiques. Pourquoi deux semaines après l’élimination de l’Equipe de France, certaines personnes continuent à critiquer, à attaquer ? Lilian Thuram, par exemple, déclare qu’il ne faut plus jamais revoir Patrice Evra porter le maillot bleu. Ces déclarations ne serviront qu’à ajouter un nouveau scandale, dans une institution qui n’a vraiment pas besoin de cela en ce moment. Depuis déjà de nombreuses semaines, beaucoup « d’anciens de 1998 » procèdent à une campagne de lynchage aberrante. Cela peut se comprendre pendant la coupe du Monde, mais deux semaines après l’élimination des bleus, il semble que cela ne s’impose plus du tout et que les Lizarazu, Leboeuf… devraient arrêter de montrer leur rancœur où l’idée de rejoindre le staff de Laurent Blanc n’est pas étrangère.

Le soir du 22 juin 2010, Jean Pierre Escalettes déclara que l’institution bleue était «  un navire en perdition ». Il n’avait pas tort, et il faudrait désormais songer à le sauver avant qu’il ne coule définitivement. Oscar Wilde se demandait « comment a-t-on pu dire que l’Homme est un animal raisonnable. » Son interrogation semble dans certains cas bien légitime…

Par Bérenger Tournier
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Mercredi 30 juin 2010 3 30 /06 /Juin /2010 15:09

                Le soir du 12 juillet 1998, cette soirée où la France était championne du monde, cette soirée où elle régna sur le football mondial, cette soirée que Aimé Jacquet n’oubliera jamais. Il n’oubliera jamais non plus le lynchage dont il a été victime par les médias. Il leur adressera d’ailleurs cette phrase resté célèbre : « On avait été trahis au cours des années (...) Jamais je ne pardonnerai! Jamais ! ».  Il est vrai que pendant une partie de son mandat, Aimé Jacquet a subi une véritable campagne de déstabilisation, de destruction auquel il répondra de la plus belle des manières en gagnant la Coupe du Monde.

                De nos jours, le décalage entre les médias et le monde du football professionnel se creuse. Rappelons nous du temps où journalistes et joueurs étaient proches, où ils mangeaient ensemble avant les matchs, du temps où les photographes pouvaient entrer sur le terrain, et n’étaient pas cloisonnés comme c’est désormais le cas derrière une zone qu’ils ne peuvent dépasser sous aucun prétexte. Une image vient par exemple instantanément, en 1976 en coupe d’Europe, entre Saint Etienne et Kiev, lorsque Rocheteau marque le but de la qualification pour les verts, et que le terrain fut alors envahi par des dizaines de photographes courant après les joueurs pour obtenir la plus belle photographie. Plus qu’un changement, c’est un véritable bouleversement que nous vivons depuis quelques années. Ce décalage n’est pas étonnant, il suit une logique normale, dommageable mais normale. Mais ce temps est bel et bien révolu. Aujourd’hui les journalistes et les footballeurs sont quasiment devenus ennemis, les uns ne servent plus les autres et vice versa.

                Depuis 2008 notamment, et la décision de la FFF de laisser Raymond Domenech comme sélectionneur de l’Equipe de France, ce fossé entre médias et monde du football ne cesse de s’agrandir au sein de la délégation française. A l’instar du sélectionneur champion du monde, Domenech a subi un véritable « meurtre professionnel » de la part des médias. Aimé Jacquet dira d’ailleurs « Domenech vit la même chose que moi, un lynchage permanent ». Le problème est que contrairement à 1998, cette déstabilisation a profondément desservi le football français et est l’une des causes des résultats calamiteux de l’Equipe nationale. La presse écrite, la télévision, la radio … ont manipulé le public comme l’explique Francis Balle, professeur de Sciences Politiques « Les médias agissent à la manière d’une drogue, anesthésiante ou stimulante. Ils sont capables de faire faire n’importe quoi, à n’importe qui, n’importe comment et n’importe quand. ». En effet, du fait des campagnes menées par les médias pour « casser » Domenech, la FFF, les joueurs ont perdu une crédibilité décisive par rapport au public. Lorsque l’on entend des « Domenech Démission » avant un match au stade de France, il semble évident que les médias jouent un rôle dans ce désamour. Mais ce n’est pas un phénomène nouveau, depuis toujours, et pas seulement dans le domaine du sport, les médias font preuve d’une certaine manipulation vis-à-vis du grand public. Ce qui pose problème dans cette coupe du Monde 2010, c’est que la presse est justement allé trop loin, dans la critique de l’Equipe de France, ou du moins cette critique n’a pas été bien maitrisé. Certes, elle était largement fondée au vu des résultats mais était-ce le moment de sortir au grand jour des scandales, de critiquer cette équipe de manière on ne peut plus virulente ? Ne pouvions-nous pas attendre la fin de la coupe du Monde ou au moins l’élimination définitive de la France pour faire une une sur les insultes d’un des joueurs envers le sélectionneur. En observant tout ce qui s’est passé autour de l’Equipe de France et des médias, l’impression qui ressort instantanément est que la presse française n’a jamais soutenu cette équipe et au contraire a tout fait pour la desservir.

                Mais tout cela n’est pas étonnant, tout cela n’est pas un hasard … A l’inverse de 1998, l’acharnement médiatique que nous observons depuis environ deux ans n’est pas anodin, c’est bel et bien une vengeance envers tout un système qui anéantit totalement les libertés de la presse. Peut on admettre de ne faire quasiment que des entrainements à huit clos et ainsi sans journaliste, peut on admettre que des joueurs refusent de répondre à des journalistes, peut on admettre qu’un joueur après une défaite fasse un doigt d’honneur a un consultant de télévision ? Les joueurs, les entraineurs, le football professionnel dans sa globalité ne devraient pas oublier que sans les médias, ils ne seraient rien. Ils ne devraient pas oublier que la majorité du budget d’un club et donc de la masse salariale provient des droits TV qui ne cessent d’augmenter chaque année… Le fossé que les deux clans séparent est aujourd’hui immense. Nous pouvons espérer que si les résultats de l’Equipe de France s’améliorent avec l’arrivée de Laurent Blanc, les relations soient moins tendus entre les deux partis et comme dit Henry Ford : « Se réunir est un début ; rester ensemble est un progrès ; travailler ensemble est la réussite. ».

 

Par Bérenger Tournier
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