Il y a moins de quatre mois, la rencontre entre le Toulouse Football Club et l'ASSE aurait été une affiche de mal classé entre un club du ventre mou du classement, et l'autre luttant jusqu'au bout pour le maintien. Mais aujourd'hui, après un mois de compétition, la donne a totalement évolué. Le TFC, solide leader de Ligue 1 ne connait pour le moment que le savoureux goût de la victoire, tandis que Saint Etienne réjouit enfin ses supporters après deux saisons désastreuses. Mais en plus des résultats plus que satisfaisants que les deux équipes enchainent depuis le début la saison, c'est bel et bien le niveau de jeu des deux formations qui séduit et réjouit bon nombre de supporters. Le TFC d'Alain Casanova, réputé l'an dernier comme une équipe bien trop défensive peut compter sur un milieu de terrain très porté vers l'avant qui a su allier technique, rapidité et puissance, permettant à cette formation toulousaine d'être aujourd'hui la meilleure attaque du championnat avec déjà huit réalisations. Les protégés de Christophe Galtier ne sont également pas exempts de compliments. Ils ont su concilier avec beaucoup d'intelligence, de jeunes pousses avec de vieux briscards de ligue 1 pour les accompagner comme l'avait fait l'an dernier le Montpellier Hérault, avec la réussite qui en a suivi. Après deux défaites en deux ans au Stadium, les Verts avaient à cœur de faire tomber les toulousains. Pour ce déplacement au bord de la Garonne, Christophe Galtier, l'entraineur stéphanois, devait se passer de trois titulaires entre les suspensions des précieux Marchal et Perrin et la blessure au mollet de Bergessio. Mais pour faire tomber le leader, l'ancien adjoint de Alain Perrin pouvait compter sur un Dimitri Payet en pleine forme, et meilleur buteur du championnat. Côté toulousain, Alain Casanova pouvait se réjouir du retour sur la feuille de match de son international Moussa Sissoko et des présences des nouvelles recrues Tafer et Santander. Sous une chaleur assez importante et un Stadium baigné par le soleil toulousain, le début de match était plutôt timide de la part des deux formations. Les deux blocs restaient très méfiants et ne s'aventuraient que très peu dans les contrées adverses. Avec un Braaten, un peu perdu en pointe, les toulousains peinaient à s'approcher des cages gardées par Jérémie Janot. Le Téfécé dut également se réorganiser après la blessure musculaire du défenseur Cheick M'Bengue sorti sur civière (12ème). Il fallut attendre la 20ème minute pour que le norvégien arma une frappe contrée par la défense ligérienne. Mais la première véritable occasion est à mettre au profit des verts sur une frappe trop enlevée de Payet après une approximation de Congré (24ème). Ce n'est que quelques instants après la demi heure de jeu et une pause « boisson », que les stéphanois, plus conquérants dans cette première période ouvrirent le score sur un centre millimétré de Albin Ebondo repris victorieusement de la tête par un Batlles, étonnement seul aux 6 mètres (34ème). Ironie du sort : ce sont deux anciens toulousains qui sont à l'origine et à la conclusion du but. Il eut tout de même le mérite de réveiller les hommes d'Alain Casanova qui passèrent à côté de l'égalisation sur une reprise de Didot juste avant la mi temps (44ème). Et si certains se demandent si le coach toulousain a bien remotivé ses troupes dans le vestiaire, il suffit de regarder l'entame de seconde période. Sur le coup d'envoi, Moussa Sissoko passa à quelques centimètres de faire chavirer le Stadium sur une reprise de volée d'une grande pureté (46ème). Les toulousains n'avaient qu'une idée en tête : revenir au score et préserver leur invincibilité. Capoue sonna la révolte sur une incursion dans la surface stéphanoise dégagée en catastrophe par Bayal (51ème). Les toulousains avaient laissé passer leur chance et virent les verts revenir dans la partie. Le jeune prodige martiniquais Rivière vit son but refusé pour hors jeu sur une remise de la tête de Monsoreau (53ème). Les Verts géraient alors tranquillement le match en procédant en contre sans se faire trop inquiéter par des toulousains en net manque d'inspiration ce soir jusqu'à la 72ème minute et ce missile des trente mètres de Machado qui frappa de plein fouet la transversale. A partir de là, le match devenait très particulier. Les deux équipes se rendaient coup pour coup et la nervosité devenait palpable. Les deux milieux de terrain étaient déchirés comme le cahier que Christophe Galtier avait lancé avec colère. Sissoko et Capoue ratèrent encore une fois l'égalisation de quelques centimètres tandis que Rivière, omniprésent ce soir ,faillit clouer le match plus d'une fois sur contre attaque. Le dernier coup franc du Téfécé ne donna rien , les stéphanois pouvaient laisser éclater leur joie. Ils avaient battu un TFC moins séduisants et moins solides que lors de ces dernières sorties mais qui reste leader avant de se déplacer sur le Rocher. Avant de rencontrer Montpellier, Lyon et Marseille, les stéphanois montent sur le podium en remportant leur troisième victoire de la saison. Ce n'est peut être pas le Saint Etienne de la belle époque mais une chose semble se dessiner : le vert redevient la couleur de l'espoir...